Couvrez cette image que je ne saurais voir

Soirée “AK#04” ce jeudi 4 octobre à la maison de l’architecture en Ile de France. Sur le modèle des Pecha Kucha Nights, le programme de la soirée, organisée par la MdA et l’architecte Gaëlle Hamonic (Hamonic & Masson), prévoit “une heure de match” entre 10 participants (7 architectes, 2 journalistes et un éminent perspectiviste), disposant chacun de 5 minutes pour s’exprimer sur le thème du jour “Images!” Sans mensonges, l’architecture est-elle possible?

Dès l’introduction du débat, il apparait qu’un évènement concret a déclenché l’urgence de cette réunion consacrée à l’image : il s’agit du récent bannissement des images des rendus de concours d’architecture par une importante maitrise d’ouvrage, rapporté par le magazine d’A dans son numéro de juillet. Le bailleur social I3F, en la personne de Pierre Paulot, son directeur délégué à l’Architecture et à l’Environnement, a en effet estimé qu’il était préférable d’imposer aux architectes un mode de représentation permettant d’apprécier “avec plus d’objectivité” la qualité des projets: la maquette blanche. Gaëlle Hamonic annonce d’emblée la couleur: réfuter l’image comme médium architectural, cela ne revient-il pas à refuser l’essence même de l’architecture? En littérature, interdire le style serait une chose impensable! Elle rappelle l’exposition “Images et Imaginaires d’architecture” de 1984 à Beaubourg, qui célébrait l’architecture à travers sa représentation – tout l’opposé de la situation actuelle, qui tend à considérer l’image comme un obstacle à la compréhension du réel…

L’image, “plus vraie” que l’architecture?

Prenant le contrepied de l’idée répandue selon laquelle les images seraient par essence “mensongères” (sous-entendue dans le titre de la séance), Eric de Broche, fondateur de l’agence de perspectivistes LUXIGON, se dit “plus intéressé par les projets pas construits que par les projets construits”. “La représentation en image a autant de valeur, que la représentation réelle[sic], autrement dit, que les bâtiments.

Eric de Broche a tendance à forcer une certaine “équivalence” entre image et architecture construite: tout comme un bâtiment, l’image peut être faite “de plein de façons différentes” (il distingue notamment deux catégories d’images: l’image de concours et l’image de vente).

Selon lui, si l’image (de concours, sur laquelle est spécialisée son agence) est un mensonge, alors c’est un pieux mensonge: “la qualité d’une image est corollaire de l’intelligence d’un projet“. Pas de bonne image d’un mauvais projet, car l’image représente avant tout “l’idéologie du bâtiment”. Une image n’a pas besoin de représenter de manière “magnifique” le projet, mais de manière “juste”… Se référant à Franck Lloyd Wright et à Etienne-Louis Boullée (une référence qui reviendra à plusieurs reprises au cours de la soirée), il insiste sur le fait que l’image est là avant tout pour “créer un sentiment”.

FIG.1: Ludwig Mies van der Rohe, German Pavilion, International Exposition, Barcelona, Interior perspective, 1928-29. Graphite on illustration board, 99.1 x 130.2 cm © 2012 The Museum of Modern Art, New York

La meilleure image d’architecture de tous les temps, selon lui, est cette image du pavillon de Barcelone de Mies Van der Rohe (FIG.1), car “elle décrit un état d’esprit”, et car “on y voit mieux le pavillon que lorsqu’il a été construit”.

Déconstruisant lui aussi l’idée d’une image mensongère, mise en regard de l’architecture bâtie qui ne saurait être que vérité, le journaliste Philippe Tretiack rappelle que les bâtiments peuvent eux aussi être utilisés pour mentir. Il donne l’exemple de la Géorgie, où le président Saakashvili a fait usage de l’architecture pour donner une image transparente à son pouvoir – tout comme la construction de Brasilia avait pour but en son temps de donner une image moderne au Brésil: des bâtiments “stupéfiants” on vu le jour dans la capitale (parlement, théâtre, palais présidentiel, ministère de l’intérieur…), qui tous expriment la transparence par l’usage extensif de surfaces vitrées – cela alors que le pouvoir politique en place reste d’une grande opacité. Il n’y a donc pas que les images, les bâtiments aussi peuvent mentir!

Confusion entre photographie et réalité

Se référant aux images de Julius Shulman, Eric de Broche insiste sur le fait qu’une photo peut être aussi mensongère qu’une image de synthèse. Un recul qu’il semble être l’un des seuls à avoir parmi les participants au débat. En effet, dans l’ensemble des présentations, lorsqu’il est question de la “réalité de l’architecture”, c’est en fait de photographies qu’il est question! Comme par exemple lorsque l’architecte Xavier Gonzales (Brenac + Gonzales) présente une série de slides juxtaposant l’image d’un projet et sa photographie, afin de démontrer la conformité de la réalisation au projet initial. Si l’image de synthèse relève bien du projet, la photographie relève, selon lui, de la réalité: la photographie ne semble pas être perçue par l’architecte comme une image à part entière, permettant son lot de mises en scène et de manipulations, mais comme une fenêtre transparente et objective sur la réalité…

Pouvoirs de l’image

Benjamin Colboc (Colboc Franzen & Associés) rappelle l’extraordinaire pouvoir des images: les illustrations de Ralph McQuarrie, qui ont permis à George Lucas d’obtenir les financements pour le film StarWars. Ou encore Jean Nouvel, qui a toujours su recruter les meilleurs illustrateurs, d’abord au fusain puis à l’ordinateur, pour fabriquer les sublimes images qui ont propulsé sa carrière d’architecte. Il oppose cet usage “spectaculaire” des images, à celui des architectes hollandais notamment, qui mettent l’image au service de radicalités théoriques.

Xavier Gonzales reconnait lui aussi à l’image le pouvoir de manipuler, de sublimer un projet. Cela fait partie selon lui de la stratégie légitime pour gagner des concours. Il suggère cependant la possibilité de “neutraliser” l’image, pour qu’elle ne devienne pas l’objet du débat à la place du projet… une idée qui demanderait à être précisée ou mieux illustrée.

Image et valeurs morales

La mise en œuvre à des fins de “manipulation”, d’associations d’ordre implicite, potentiellement aussi efficaces que les images, est pointée par Emmanuel Combarel (ECDM architectes): le concept d’ilot ouvert de Christian de Portzamparc par exemple, exploite selon lui la notion même de l’ouverture comme valeur vertueuse.

Benjamin Colboc relie les maquettes blanches de I3F aux valeurs de pureté ou de chasteté véhiculées par cette (absence de) couleur. Dans la même veine d’un puritanisme contemporain qui gagnerait du terrain, il mentionne la revue d’architecture San Rocco et son positionnement “réactionnaire”: la mise en scène, à travers le minimalisme des représentations, d’un “contact direct entre architecture et réalité, et peut-être même le divin…”

Xavier Gonzales remarque qu’en posant le débat de cette soirée en termes de vérité et de mensonge, on s’aventure d’emblée dans des considérations d’ordre moral, tout comme Emmanuel Combarel, pour qui la question du mensonge de l’image renvoie à “ornement et crime” d’Adolf Loos, et à la culpabilité que cette doctrine a installé chez les architectes. Les grands ensembles illustrent pour lui le danger d’une société qui adhère à des “vérités”. A cela il oppose Venturi et “de l’ambiguïté en architecture” (1966). La Neue Nationalgalerie de Mies van der Rohe à Berlin est selon lui un bâtiment ambigu dans le bon sens du terme, “beaucoup plus de l’ordre de la représentation que de la fonction”. Contre toute attente, Mies a mis en œuvre de “fausses colonnes”! (Cet exemple aussi reviendra plusieurs fois au cours de la soirée.)

Dans sa pratique d’architecte, Emmanuel Combarel dit mettre en œuvre les images dans une démarche fictionnelle. Un bâtiment, c’est le moyen de représenter l’état d’une société, du monde, et l’architecture est selon lui un processus avant tout narratif. C’est pourquoi, “le mensonge est consubstantiel de l’architecture”. Dans son propre travail, il dit assumer le mensonge et le faux: il montre des bâtiments en “faux sac Chanel“, en “faux béton”, à “fausses fenêtres”, et même une rampe sinueuse qu’il qualifie de “fausse ligne droite”. Revendiquant le mensonge comme un élément constitutif de sa pratique narrative de l’architecture, il ne semble pas faire de distinction entre le mensonge de l’image et le mensonge de l’architecture elle-même…

Dangers de l’image

Parmi tous les participants, les journalistes semblent les plus méfiants à l’égard des images. Jean-Philippe Hugron (le courrier de l’architecte) déplore que “l’architecture se résume de plus en plus à la production et à la consommation d’images”. Il fait également le constat de la “surabondance d’images” à l’heure actuelle, et d’une “virtualisation de l’image”, comme celle des amis sur Facebook: ainsi, sur les sites dédiés à l’architecture, on peine aujourd’hui à distinguer ce qui est construit de ce qui ne l’est pas.

L’autre danger lié à l’image photo-réaliste, mis en évidence par les journalistes, est celui d’une moins grande liberté pour les architectes: ne leur demandera-t-on pas de se conformer à l’image de départ, tout au long du projet? L’image doit elle être contractuelle pour un architecte? Ou plus proche de la “suggestion de présentation” des emballages alimentaires? Philippe Tretiack questionne le dogme selon lequel il devrait y avoir une conformité parfaite entre l’image du projet et le bâtiment réalisé. Ce sont aussi les changements qui interviennent au fil de son développement, qui font la richesse d’un projet!

Enfin, Dominique Jacob (Jacob + Macfarlane) pointe le danger de l’uniformisation des images, à l’heure où un grand nombre d’architectes fait appel aux mêmes perspectivistes.

L’image, outil de conception

Il semble y avoir une division fondamentale entre les agences d’architecture qui sous-traitent la production d’images à des agences de perspectivistes, et celles où l’image est intégrée au processus de conception. Appartenant au second groupe, Benjamin Colboc illustre sa pratique de l’image par la projection d’une gamme de visuels, des plus spectaculaires aux plus utilitaires, tous “faits maison”, de son projet du centre social de l’Arbrisseau à Lille. Si l’image est présente à tous les stades de sa pratique de l’architecture, c’est toujours comme outil de travail, lié au processus de conception. Pour lui,”l’image, ce n’est pas forcément synonyme de mensonge.” En tant qu’elle est constitutive de la pratique de conception, l’image fait partie de l’identité même des architectes, qui n’ont “pas à se faire dicter la représentation de leur projet”.

Dominique Jacob oppose le travail de l’image et le travail de l’espace. Comme Benjamin Colboc, elle défend l’image en tant que reflet du processus de conception – “une fois construits, nos projets correspondent à nos intentions de départ” – et s’oppose aux images “parfaites” ou “sublimes” des perspectivistes.

Pour Xavier Gonzales, l’image est d’abord le support d’une pensée: “il doit y avoir une cohérence entre pensée et représentation”. Par exemple, on ne pourra pas confondre une image de Mies van der Rohe, avec une image de Zumthor, etc. De la même manière, un intervenant fait remarquer qu’une maquette blanche a un sens si elle est en cohérence avec une pensée, comme par exemple avec le purisme corbuséen, une condition qui n’est pas remplie dans le cas des concours I3F. Ainsi, si elle n’est pas une image, la maquette n’en demeure pas moins une représentation.

L’image et la maitrise d’ouvrage

Pour Vincent Parreira (AAVP), les images sont avant tout des outils de communication avec les promoteurs de logements, ses principaux clients. Parfois l’image est le seul moyen de communiquer avec eux. “Ne nous enlevez pas l’image, on en a besoin pour tricher et mentir” face à ces maitres d’ouvrage qui ne comprennent rien à l’architecture

Au moment des questions/réponses, une personne de la direction architecture de I3F prend la parole dans le public, pour argumenter les positions de son entreprise (I3F a entretemps organisé une vingtaine de concours “sans images”): elle déplore l’absence des autres partenaires à ce débat (maitrise d’ouvrage, etc.), car “l’architecture ne se passe pas qu’entre architectes”. Quant aux images, le problème est selon elle, que “c’est le projet avec la plus belle pers’ qui gagne! La force de l’image est si importante, qu’elle prend le pas sur tout le reste.” Ainsi, en l’absence d’images, il serait plus aisé pour un jury de se concentrer sur ce qui fait la “vraie” qualité d’un projet, à savoir l’insertion urbaine du bâtiment, ou encore la fonctionnalité des logements.

Emmanuel Combarel oppose à cette vue le constat d’une absence d’innovation, de pensée ou encore de programmation dans le domaine du logement social. C’est pour cela, selon lui, que l’image dérange. Car en effet, en l’absence de contenu, tout concours devient un concours d’image. Il interpelle I3F: “Parlez-nous de cadre de vie! Un logement ça n’est pas juste une donnée fonctionnelle ou économique! On est en plein puritanisme! Couvrez cette image que je ne saurais voir! …Laissez parler votre désir! N’ayez pas peur de la séduction!” Ainsi, M. Polau se rachèterait une morale à bon compte, en s’opposant aux images, alors qu’en même temps il ne prend pas ses responsabilités en tant que maitre d’ouvrage.

Conclusion

On repart de cette soirée avec une impression très nette: les architectes aiment les images. S’il y a un désaccord, celui-se situe au niveau du statut mensonger de l’image, plutôt prêté aux productions des perspectivistes professionnels qui “font gagner” les concours en sublimant les projets. Les architectes qui se “déchargent” ainsi de la représentation de leurs projets semblent suspects de malhonnêteté intellectuelle vis-à-vis des autres: il y aurait ceux qui se servent de l’image pour concevoir, et ceux qui s’en servent pour séduire.

Ainsi le problème, ce n’est pas l’image mais le mensonge. Certains participants reprochent à d’autres de “défendre le mensonge avec virulence”, revendiquant pour eux-mêmes un usage “honnête” de l’image, dans le cadre du processus de conception. A l’opposé, certains architectes revendiquent le manque d’objectivité selon eux inhérent à l’image, qu’ils veulent défendre à l’encontre d’une “injonction puritaine” reposant sur le mythe de l’honnêteté de la représentation en plan-coupe-élévation. Or tous les membres d’un jury ne sachant pas bien lire les plans (notamment les élus), on ne sera pas d’avantage dans l’objectivité en supprimant l’image, comme le fait remarquer Xavier Gonzales.

Eric de Broche, seul perspectiviste présent à ce débat, défend un point de vue qui représente l’intérêt de déplacer le problème de la production vers la réception des images: selon lui, le problème des images, ce n’est pas comment on les produit, mais qui les utilise, et comment. Il défend également la légitimité intrinsèque de l’image, en tant qu’elle instaure un “combat d’égal à égal”: c’est une “arme de guerre” qui peut permettre à un architecte débutant de remporter un concours. L’image donne la capacité à des gens qui n’ont pas de pouvoir, d’en avoir: il est donc légitime d’utiliser toutes les armes (images) dont on dispose – c’est au récepteur de l’image qu’il appartient de faire la différence entre un bon et un mauvais projet. Si l’on accuse les images aujourd’hui, selon Eric de Broche, c’est avant tout à cause de la circonstance de crise où nous nous trouvons, et aux moyens de plus en plus limités. “Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage…”

Si chacun a souhaité exprimer ses opinions personnelles ce soir, on peut regretter que peu de participants ont jugé utile de décrire concrètement leurs pratiques de l’image. Il faut dire que l’évènement a été programmé par les organisateurs comme une “confrontation sur un sujet polémique”, et pas comme un groupe de réflexion. La réunion s’est effectivement achevée dans l’agitation, par l’intervention d’une architecte visiblement excédée par le débat, lançant à ses confrères: “à trop se regarder marcher, on finira par trébucher. Avançons!”

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10 comments

  1. Merci de ce compte-rendu sur cette étonnante et fascinante soirée.
    Pour rester dans ce climat très polémique… Il y a quelque chose de fascinant dans ce décalage qui existe entre la passion des architectes pour leurs projets et l’ennui que génèrent le plus souvent leurs réalisations. 🙂

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  2. Merci Thierry!
    Tout à fait d’accord avec ta réflexion. A mon avis, c’est l’indice que l’univers des architectes est avant tout un univers de projections (et donc aussi d’images), qui ont tendance à s’évanouir avec la réalisation. Même si certains bâtiments tiennent leur promesses mieux que d’autres…

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  3. Bien beau récit de cette discussion forte intéressante.
    Les architectes ont visiblement peur qu’on les prive de cet outil qu’est l’image, qu’elle soit photographique ou informatique. Les outils de restitution 3D emploient de façon exagérée les mêmes outils que les photographes, les optiques ultra-angulaires créant des perspectives audacieuses avec la moindre construction cubique. Ajouté à cela les lumières flatteuses et la présence de nombreuses personnes souriantes, tout est fait pour créer une illusion que l’on ne retrouvera jamais dans le monde réel, enfin, celui où je vis et qui ne correspond pas à ces visuels.
    Il faudra un jour récompenser I3F pour sa salutaire décision.

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  4. Merci pour ton compte-rendu d’un débat qui était effectivement très instructif, de ce que j’ai pu en suivre. J’avoue avoir été frappée pour ma part par le rapport entretenu par une grande partie de participants avec les images, notamment photographique.
    Sans presque aucune distance critique, les photographies, comme tu le soulignes très justement, étaient présentées comme coïncidant parfaitement avec le “réel”. Une croyance dans une forme de “vérité” des image qui est à l’origine de la dénonciation du “mensonge” ou de la “manipulation”: on ne peut estimer avoir été trompé que si l’on a cru à un moment donné dans la véracité de la proposition…
    Je reste circonspecte devant cette pauvreté du rapport à l’image, qui conduit, par méconnaissance et du coup défiance, à son exclusion. C’est bien dommage, et symptomatique de notre époque il faut croire.

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  5. TOGNET Alexandre · · Reply

    En fait, rien de très nouveau sous le soleil… qui nous donne à lire le regard.
    Avant les images de synthèse, je connaissais un dessinateur talentueux(le dessinateur) qui vous transformait n’importe quel projet minable en Eden.
    Alors, alors… ce dessin de Mies… qui aurait (et savait) faire bien plus flatteur, il montre ce qu’il y a à montrer. Un point c’est tout !
    Il aurait pu, l’onyx et ces beaux fauteuils, où…
    Ils nous offre à voir l’architecture pure.

    Un maître !

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  6. TOGNET Alexandre · · Reply

    C’est donc à nous de dire,
    l’image comme vecteur…
    Idem la littérature, des effets !
    Ou écrire !

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  7. @Jean-LuK: Les projets seront-ils meilleurs parce-que l’on renonce aux images? Il est permis d’en douter. Les images ne devraient pas empêcher le jury d’analyser l’ensemble des documents qui composent un rendu de concours avec toute l’attention qu’ils méritent. Plutôt que de bannir les images, ne serait-il pas plus utile (et plus intéressant) pour les jurys d’apprendre à regarder ces supports pour ce qu’ils sont (dans le meilleur des cas): des représentations, des fictions, des mises en scène, qui disent autre chose sur le projet – au lieu de s’obstiner dans la croyance selon laquelle la représentation et la réalité pourraient un jour coïncider…
    Pour ce qui est des maquettes blanches, ce sont elles aussi des représentations, qui permettent leur lot de truquages et d’effets, selon les matériaux employés, etc. Sans compter qu’elles offrent au jury un point de vue fictif sur le projet, celui du “pigeon”…
    @ Raphaële, tu soulignes très bien le problème, d’une étrange attente de “vérite” ou d’objectivité face à l’image. En même temps, il est vrai que le rôle des images de concours est double: elles servent aussi, malgré tout, à visualiser (dans le sens de tester, simuler) les propositions des architectes. Le malaise ne nait-il pas de cette ambigüité?
    Il semble qu’une culture de l’image (ou Culture Visuelle) demanderait à être développée, au niveau de la formation des architectes, des élus participant aux jurys de concours, du grand public…
    @Alexandre Tognet, merci pour vos appréciations.

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  8. TOGNET Alexandre · · Reply

    Chercher à objectiver la source est un leurre…
    Toute tentative d’objectivité est biaisée
    A la base.

    Le meilleur regard sera celui de ceux qui savent lire,

    Voire au delà de l’image.

    Quel concours serait gagné par cette sublime chose de Mies ?
    Aucun… quelle perte !

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  9. TOGNET Alexandre · · Reply

    Les “grosses” agences se renseignent toujours sur le jury,
    Montrer ce qui les entêtes
    Résolu
    Qu’importe le caché ?
    Absent

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  10. […] Marie-Madeleine OZDOBA, Couvrez cette image que je ne saurais voir, Culture Visuelle, Paris, 2012. (5)Source : http://culturevisuelle.org/plancoupeimage/archives/145 […]

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